#innovation #pauvreté #Raydan #Fundefir : Et si les pauvres montaient leur propre banque? | Socialter

L’idée de Salomon Raydan a été d’utiliser cette capacité des communautés pauvres à réunir un capital pour créer des « banques communautaires ». Chaque membre de la communauté investit la même somme pour constituer un capital. Ce capital est utilisé sous deux formes : investit dans des actions sans risque et prêté à ses membres. Les membres reçoivent les dividendes des actions et ont l’opportunité d’emprunter.
La première banque a été crée en 1998 avec douze femmes de l’île de Margarita au Vénézuela. Ce sont 140 banques communautaires qui ont été crées depuis. Elles regroupent 10 000 associés et font des prêts d’en moyenne 100 bolivars fuertes (30 euros au taux officiel). L’investissement minimal est le prix qu’aura à payer la banque pour acheter une action, soit dix bolivars fuertes (trois euros au taux officiel).
Et si les gens ne remboursent pas ? La banque est entièrement gérée par la communauté, qui est formée et assistée par la Fundefir, jusqu’à être laissée indépendante. C’est donc elle qui prend en charge le contrôle du bon remboursement des prêts. Les communautés étant de faible effectif, le lien social est fort et la pression du groupe suffit généralement pour assurer le remboursement. Les chiffres sont éloquents puisque les emprunteurs font défaut à 0,5%.
Le système de banque communautaire se différencie du micro-crédit par le fait que l'institution appartient à la communauté. A propos de Yunus, Raydan dit : "Yunus a fait un travail formidable, mais celui-ci a été dénaturé. Ce n'est pas le micro-crédit qui est un échec, mais sa bancarisation."
